La première tentation, en économie, consiste à croire qu’il suffit de décréter pour obtenir. Décréter des prix « justes », des salaires « dignes », des marges « raisonnables », des loyers « abordables », des taxes « indolores ». Or l’économie n’obéit pas à des formules morales : elle obéit à des signaux, à des contraintes, et à des échanges. Lorsque l’on fixe un prix en dessous de ce qu’exigent les coûts et les risques, on n’obtient pas la justice, on obtient la rareté. Lorsque l’on empile les obligations sur l’embauche, on n’obtient pas la protection, on obtient l’évitement. Lorsque l’on subventionne sans ciblage, on n’obtient pas l’accès, on obtient l’inflation de la dépense.
Notre angle est simple : une politique économique doit être évaluée par ses effets, pas par sa rhétorique. Les questions que nous revenons explorer, encore et encore, sont celles-ci :
- Comment se crée la richesse ? Par l’investissement, l’innovation, la division du travail, la concurrence et la confiance dans les règles.
- Pourquoi les prix sont-ils utiles ? Parce qu’ils agrègent une information dispersée sur les préférences, la rareté et les coûts.
- Que produit une fiscalité instable ? De l’arbitrage défensif, de l’incertitude, moins de projets et davantage de court-termisme.
- Pourquoi la concurrence est-elle sociale ? Parce qu’elle réduit les rentes, améliore la qualité et baisse les prix, surtout pour les ménages modestes.
- Que signifie “financer” ? Choisir qui paie et quand : par l’impôt, par la dette, par l’inflation, ou par la réduction d’autres dépenses.
On ne comprend pas l’actualité économique sans quelques distinctions fondamentales. D’abord, celle entre capital et revenu. Le capital n’est pas un coffre-fort moralement suspect ; c’est l’outil qui permet de produire plus et mieux demain. Ensuite, celle entre risque et rente. Le risque est la possibilité de perdre ; la rente est le gain garanti par une protection politique ou réglementaire. Enfin, celle entre croissance et distribution. Une société peut débattre de la répartition ; mais sans croissance, elle ne fait que répartir une stagnation, puis une contraction.
Nous traitons aussi des sujets plus techniques, mais décisifs : monnaie, inflation, taux d’intérêt, dette publique, stabilité financière. Non pour impressionner, mais parce que ces phénomènes ont des effets concrets : sur le pouvoir d’achat, sur l’épargne, sur la capacité à se loger, sur l’accès au crédit des entreprises, sur l’avenir des services publics. Une lecture libérale rappelle que la facilité budgétaire d’aujourd’hui se paie en contraintes demain, et que l’illusion du “ça ne coûte rien” finit toujours par se transformer en facture : hausse d’impôts, baisse de qualité, ou inflation.
Enfin, nous accordons une place centrale à l’entreprise et à l’entrepreneur. Non pas par culte, mais par réalisme : là où la création d’entreprise est simple, stable et protégée par le droit, la société dispose de plus d’emplois, de plus d’innovation, de plus d’alternatives. Là où elle est entravée par l’autorisation permanente, la suspicion fiscale ou la norme labyrinthique, la société obtient moins d’initiatives et davantage de positions acquises.